Fomos ontem.
Só soube para onde íamos alguns minutos antes de partirmos.
Eu, de barba e chinelos.
Ele, com a imagem de sempre, mas com um livro na mão.
- Então... onde é? Onde vamos?
- Vamos a uma praia, neste livro. Vamos encontrar-nos com duas pessoas por quem tenho o maior respeito. É normal estarem a dialogar. Sempre que estive com elas, estavam a dialogar. Quase sempre sobre arquitectura. Nunca as interrompi. Por isso te peço que também não o faças. Limita-te a acompanhá-los. Como verás, é uma praia lindíssima. Um daqueles lugares que jamais te esquecerás.
- E tem nome, o lugar onde fica essa praia?
- Tem o nome que lhe quiseres dar, mas é conhecido por "Eupalinos ou l'Architect". Mas eu vou levar-te directamente para a praia, se não te importas. Afinal de contas, é isso que te quero mostrar. O sítio onde nasci....
- E porquê a barba e os chinelos?
- Porque todos usam barba e chinelos nesse lugar... Chegámos:
...
SOCRATE
L’adolescence est singulièrement située au milieu des chemins... Un jour de mes beaux jours, mon cher PHèDRE, j’ai connu une étrange hésitation entre mes âmes. Le hasard, dans mes mains, vint placer l’objet du monde le plus ambigu. Et les réflexions infinies qu’il me fit faire, pouvaient aussi bien me conduire à ce philosophe que je fus, qu’à l’artiste que je n’ai pas été...
PHÈDRE
C’est un objet qui t’a sollicité si diversement ?
SOCRATE
Oui. Un pauvre objet, une certaine chose que j’ai trouvée, en me promenant. Elle fut l’origine d’une pensée qui se divisait d’ellemême entre le construire et le connaître.
PHÈDRE
Merveilleux objet! Objet comparable à ce coffret de Pandore où tous les biens et tous les maux étaient ensemble contenus!... Faismoi voir cet objet, comme le grand Homère nous fait admirer le bouclier du fils de Pélée!
SOCRATE
Tu penses bien qu’il est indescriptible... Son importance est inséparable de l’embarras qu’il me causa.
PHÈDRE
Explique-toi plus abondamment.
SOCRATE
Eh bien, PHèDRE, voici ce qu’il en fut: je marchais sur le bord même de la mer, je suivais une plage sans fin... Ce n’est pas un rêve que je te raconte. J’allais je ne sais où, trop plein de vie, à demi enivré par ma jeunesse. L’air, délicieusement rude et pur, pesant sur mon visage et sur mes membres, m’opposait un héros impalpable qu’il fallait vaincre pour avancer. Et cette résistance toujours repoussée faisait de moi-même, à chaque pas, un héros imaginaire, victorieux du vent, et riche de forces toujours renaissantes, toujours égales à la puissance de l’invisible adversaire... C’est là précisément la jeunesse. Je foulais fortement le bord sinueux, durci et rebattu par le flot. Toutes choses, autour de moi, étaient simples et pures : le ciel, le sable, l’eau. Je regardais venir du large ces grandes formes qui semblent courir depuis les rives de Libye, transportant leurs sommets étincelants, leurs creuses vallées, leur implacable énergie, de l’Afrique jusqu’à l’Attique, sur l’immense étendue liquide. Elles trouvent enfin leur obstacle, et le socle même de l’Hellas; elles se rompent sur cette base sous-marine; elles reculent en désordre vers l’origine de leur durée. Les vagues, à ce point, détruites et confondues, mais ressaisies par celles qui les suivent, on dirait que les figures de l’onde se combattent. Les gouttes innombrables brisent leurs chaînes, une poudre étincelante s’élève. On voit de blancs cavaliers sauter par-delà eux-mêmes, et tous ces envoyés de la mer inépuisable périr et reparaître, avec un tumulte monotone, sur une pente molle et presque imperceptible, que tout leur emportement, quoique venu de l’extrême horizon, jamais toutefois ne saurait gravir... Ici, l’écume, jetée au plus loin par le flot le plus haut, forme des tas jaunâtres et irisés qui crèvent au soleil, ou que le vent chasse et disperse, le plus drôlement du monde, comme bêtes épouvantées par le bond brusque de la mer. Mais moi, je jouissais de l’écume naissante et vierge... Elle est d’une douceur étrange, au contact. C’est un lait tout tiède, et aéré, qui vient avec une violence voluptueuse, inonde les pieds nus, les abreuve, les dépasse, et redescend sur eux, en gémissant d’une voix qui abandonne le rivage et se retire en elle-même; cependant que l’humaine statue, présente et vivante, s’enfonce un peu plus dans le sable qui l’entraîne; et cependant que l’âme s’abandonne à cette musique si puissante et si fine, s’apaise, et la suit éternellement.
PHÈDRE
Tu me fais revivre. O langage chargé de sel, et paroles véritablement marines!
SOCRATE
Je me suis laissé parler... Nous avons l’éternité pour discourir sur le temps. Nous sommes ici pour épuiser nos esprits, à la manière des Danaïdes.
PHÈDRE
L’objet ?
SOCRATE
L’objet gît sur le bord où je marchais, où je me suis arrêté, où je t’ai parlé longuement d’un spectacle que tu connais aussi bien que moi, mais qui, rappelé dans ce lieu, emprunte une sorte de nouveauté de ce fait qu’il est à jamais disparu. Attends donc, et dans quelques mots, je vais trouver ce que je ne cherchais pas.
PHÈDRE
Nous sommes bien toujours sur le rivage de la mer?
SOCRATE
Nécessairement. Cette frontière de Neptune et de la Terre, toujours disputée par les divinités rivales, est le lieu du commerce le plus funèbre, le plus incessant. Ce que rejette la mer, ce que la terre ne sait pas retenir, les épaves énigmatiques ; les membres affreux des navires disloqués, aussi noirs que le charbon, et tels que si les eaux salées les avaient brûlés; les charognes horriblement becquetées, et toutes lissées par les flots; les herbages élastiques arrachés par les tempêtes aux pâtis transparents des troupeaux de Protée; les monstres dégonflés, aux couleurs froides et mourantes ; toutes les choses enfin que la fortune livre aux fureurs littorales, et au litige sans issue de l’onde avec le rivage, sont là portées et déportées; élevées, rabaissées; prises, perdues, reprises selon l’heure et le jour; tristes témoins de l’indifférence des destinées, ignobles trésors, et les jouets d’un échange perpétuel comme il est stationnaire...
PHÈDRE
Et c’est là que tu as trouvé?
SOCRATE
Là même. J’ai trouvé une de ces choses rejetées par la mer; une chose blanche, et de la plus pure blancheur; polie, et dure, et douce, et légère. Elle brillait au soleil, sur le sable léché, qui est sombre, et semé d’étincelles. Je la pris; je soufflai sur elle; je la frottai sur mon manteau, et sa forme singulière arrêta toutes mes autres pensées. Qui t’a faite? pensai-je. Tu ne ressembles à rien, et pourtant tu n’es pas informe. Es-tu le jeu de la nature, ô privée de nom, et arrivée à moi, de par les dieux, au milieu des immondices que la mer a répudiées cette nuit?
PHÈDRE
De quelle grandeur était cet objet?
SOCRATE
Gros à peu près comme mon poing.
PHÈDRE
Et de quelle matière?
SOCRATE
De la même matière que sa forme: matière à doutes. C’était peutêtre un ossement de poisson bizarrement usé par le frottement du sable fin sous les eaux? Ou de l’ivoire taillé pour je ne sais quel usage, par un artisan d’au delà les mers? Qui sait?... Divinité, peut-être, périe avec le même vaisseau qu’elle était faite pour préserver de sa perte? Mais qui donc était l’auteur de ceci? Futce le mortel obéissant à une idée, qui, de ses propres mains poursuivant un but étranger à la matière qu’il attaque, gratte, retranche, ou rejoint; s’arrête et juge; et se sépare enfin de son ouvrage, — quelque chose lui disant que l’ouvrage est achevé?... Ou bien, n’était-ce pas l’œuvre d’un corps vivant, qui, sans le savoir, travaille de sa propre substance, et se forme aveuglément ses organes et ses armures, sa coque, ses os, ses défenses; faisant participer sa nourriture, puisée autour de lui, à la construction mystérieuse qui lui assure quelque durée?
Mais, peut-être, ce n’était que le fruit d’un temps infini... Moyennant l’éternel travail des ondes marines, le fragment d’une roche, à force d’être roulé et heurté de toutes parts, si la roche est d’une matière inégalement dure, et ne risque à la longue de s’arrondir, peut bien prendre quelque apparence remarquable. Il n’est pas entièrement impossible, un morceau de marbre ou de pierre tout informe étant confié à l’agitation permanente des eaux, qu’il en soit retiré quelque jour, par un hasard d’une autre espèce, et qu’il affecte maintenant la ressemblance d’Apollon. Je veux dire que le pêcheur qui a quelque idée de cette face divine, le reconnaîtra sur ce marbre tiré des eaux ; mais quant à la chose elle-même, le visage sacré lui est une forme passagère d’entre la famille des formes que l’action des mers lui doit imposer. Les siècles ne coûtant rien, qui en dispose, change ce qu’il veut en ce qu’il veut.

6 comentários:
Deixei-me levar pelos acordes do piano, sempre atraentes, sem intuir a voz de cachaça que estraga os sons.
O texto, mistura de português e francês, é aquilo ao que nos habituas-te, lamentavelmente sem progressão, decadente. Muito trabalho para não dizer nada, positivo, claro.
Bom, incluis a novidade do dialogo, estilo teatro, mas, isso não enche uma plateia.
Pelo menos passamos a conhecer a origem de l`objet trouvé. Descrição excessivamente longa, com o afã de criar intriga, mas que cansa.
Aguardo nova inspiração.
J` attends que tu ne me reviennes pas à créer l`effort de souvenir le peu de qu`aprendi de français.
Caro Duarte, mais uma vez, obrigado pelos comentários! De facto, o excerto de Paul Valéry é longo. Longo de mais. A verdade é que o meu texto me bastava para me por a "nascer" numa praia, de chinelos e barba por fazer. Aguardo nova inspiração, também!
Que pases un feliz fin de semana
De tu post no digo nada porque de frances ni papa
saluditos
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